TARASCON 2007
@gricolae - 29 et 30 juin 2007 - Tarascon
2ème Université d’été de l’agriculture
« L’innovation consiste à faire ce qui aux yeux d’autrui apparaît impossible car elle conçoit de penser autrement .»
En 2006, nous nous sommes fédérés, agriculteurs, chercheurs et chefs d’entreprise, au sein du monde agricole de notre région. L’association « Les Champs de Traverse » est née . Nous sommes tous conscients que nous sommes porteurs de forces et d’une dynamique qui, mises au service de l’innovation et de l’initiative, peuvent nous permettre de jouer pleinement notre rôle d’acteurs économiques. Les enjeux sont considérables : nous devons être agriculteurs, souvent à la base de la chaîne alimentaire, respectueux du développement durable pour transmettre une terre de qualité à tous, et aménageurs de paysages. La mondialisation et l’enjeu des énergies durables doivent être appréhendés comme des opportunités de nouveaux marchés. Mais le temps presse.
« L’avenir commence aujourd’hui : la richesse d’une entreprise, comme celle de la région où elle est implantée, dépend du rôle qu’elle assume présentement dans la création des marchés de demain. C’est celui qui innove le plus vite qui occupe des positions stratégiques ».*
Les 29 et 30 juin 2007, échangeons et construisons, tous ensemble, notre avenir.
L’équipe des Champs de Traverse.
*Raymond Collard ( Facultés universitaires de Notre-Dame de la Paix - Namur)
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COMPTE-RENDU
L’agriculture intelligente et ses contributions au développement durable, thème de la 2ème Université d’été de l’agriculture en PACA.
C’est à TARASCON que la 2ème université d’été de l’agriculture a pris ses quartiers pour 2007. La salle des Festins du prestigieux château a accueilli les conférences d’ouverture. Après les paroles de bienvenue d’Hervé SCHIVETTI, Président de Pays d’ARLES, de Charles FABRE, maire de TARASCON, de Philippe BANON, Président de l’association Les Champs de Traverse, organisatrice de ces rencontres, le sénateur GUERRY a planté le décor de la mondialisation.
Faisant en quelques traits, un portrait économique des différents pays avec lesquels nous devons désormais compter, tels que l’Inde, la Chine, le Brésil et le continent africain, il s’est attaché à nous montrer que les Français qui pratiquent la mondialisation, depuis des siècles, au travers du rayonnement de leurs philosophes, écrivains, artistes, doivent avec confiance s’investir dans l’avenir.
André-Yves PORTNOFF, Directeur de recherche associé au sein de Futuribles, a rappelé combien il était urgent de prendre les bonnes décisions face aux nouvelles mutations mondiales et aux défis du développement durable. La prospective, outil précieux qui doit nous permettre d’anticiper, affirme qu’une infinité de futurs sont possibles. Les contraintes sont aussi des opportunités d’innovation et de différenciation. Nous sommes co-constructeurs de ces futurs. Ainsi, avec la volonté de choisir le futur qui nous convient, nous pouvons agir pour le favoriser. Agréger des talents et des capacités permet de créer de véritables synergies dans tous les milieux de l’économie.
Rassembler les talents, favoriser des relations efficaces, tels sont les ingrédients des rencontres de l’université d’été de l’agriculture qui sont mis en pratique.
Face au changement climatique et à la nécessité de réduire le recours et la dépendance aux hydrocarbures fossiles, les agriculteurs ont un rôle majeur à jouer dans la production de matières premières à finalités industrielles. C’est dans ce contexte que Blandine PELLISTRANDI, Chef de la représentation de la Commission européenne à Marseille, est intervenue sur la politique européenne énergétique. L’union européenne souhaite s’engager dans une réduction des émissions de gaz à effets de serre de 30% d’ici 2020, augmenter la part des énergies renouvelables, à 20%, et la part des biocarburants dans les carburants de transport, à 10%, réduire globalement la consommation d’énergie dans tous les secteurs de l’économie. Selon le rapport STERN, le fait de permettre que le changement climatique se poursuive sans aucun contrôle, occasionnerait à long terme des dommages dont les coûts seraient compris entre 5 et 20% du PIB mondial.
Les objectifs de la politique énergétique de l’Europe sont d’assurer une sécurité en matière d’approvisionnement énergétique à un prix abordable pour tous les consommateurs, le bon fonctionnement du marché intérieur, ouvert et concurrentiel.
C’est avec un projet en lien direct avec le terrain que Damien COCARD, ADEME Paris, est intervenu sur la création d’agences locales de l’énergie. Conseillant de s’inspirer de celles fonctionnant déjà en France, il a appelé à leurs créations et a insisté sur les atouts et les types de partenariat qui pouvaient à cette occasion, être concrétiser.
La matinée s’est achevée par un cas concret d’opportunité de réduction du CO² avec la présentation par Pascale BIROTTEAU, architecte-urbaniste, Cabinet A4Architecture, de l’étude – Energie et serriculture - visant à réduire les besoins en énergies des cultures sous serres et à introduire le développement de l’utilisation des énergies renouvelables dans les exploitations agricoles sous serres. Cela se passe sur la zone des Gravons, à BERRE, et pourrait se concrétiser par la mise en place d’un réseau de chaleur entre SHELL pétrochimie et un groupement de serristes. La cogénération serait une réalisation de la société RPE. Tenir compte des enjeux environnementaux en pensant autrement pour innover, permettrait, dans ce cas précis, de limiter le rejet dans l’atmosphère de 200 tonnes de CO² par hectare de serres et par an.
Deux ateliers avaient lieu simultanément l’après-midi.
L’un était consacré au programme européen Energie Intelligente où Damien COCARD a encouragé l’émergence de projets autour des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et des transports durables avec une présentation du programme européen Energie Intelligente pour la période 2007/2013. Il s’est attaché à donner les trucs et les astuces pour répondre au mieux à ce type d’appel à projets. Deux porteurs de projets ont présenté leurs projets et les débats leur ont permis de faire évoluer leurs réflexions. Les représentants de l’Euro Info Centre de Marseille ont également pu apporté leurs expertises.
L’autre était animé par Christophe GLORIAN, chargé de mission pour l’aménagement du territoire, à la Chambre régionale de Commerce et d’Industrie de PACAC. Problématiques et enjeux de l’aménagement du territoire sur la façade méditerranéenne française étaient présentés avec les solutions préconisées pour face notamment au défi démographique, à la saturation des voies de déplacements terrestres.
Certains participants sont partis, ensuite, visiter une presse pour huile de colza tandis que d’autres ont assisté à la rencontre avec deux représentants de la direction régionale des Douanes pour faire un point sur la réglementation en matière d’huile végétale pure. Une fiche d’information rédigée en partenariat avec les douanes sera mise en ligne sur le site www.agricolae.fr.
La deuxième journée s’ouvrait avec Henry MARTY-CAUQUIE, représentant en France de la Banque européenne d’investissements, sur le thème de la politique européenne de prévention du changement climatique et ses outils financiers. Le décalage dans l’espace et le temps met en exergue l’insuffisance du marché. La prévention du changement climatique et la gestion de la contrainte environnementale font peser sur nos sociétés des coûts d’adaptation qui sont fortement décalés, ce qui rend difficile leur prise en compte par les seuls mécanismes du marché. Ces coûts sont décalés, car il s’agit d’instaurer un mécanisme de solidarité planétaire. La gouvernance internationale étant trop faible pour assurer une solidarité planétaire, la communauté internationale a choisi le mécanisme du marché, lors de la rencontre de KYOTO. L’Europe joue un rôle essentiel en expérimentant une nouvelle régulation – un leadership moral et un soutien à sa compétitivité. Un handicap majeur dans ce cheminement – nous n’avons pas assez d’Europe. Le financement de la technologie est la clé de la réussite. Les écotecnologies constituent pour plusieurs analystes - la plus grande opportunité du XXIème siècle. Les acteurs économiques sont intéressés par les énergies propres, le stockage de l’énergie, les technologies de l’eau, l’efficacité énergétique. Une multitude de petites entreprises innovantes, assurent l’essentiel de l’effort de recherche. Les très grandes entreprises ont besoin d’acquérir ces technologies pour maintenir leurs parts de marché mais ne souhaitent pas les développer directement. Des raisons d’être positifs – l’union européenne est la seule économie continentale à avoir une politique volontariste de prévention/correction du changement climatique; elle s’est dotée d’outils, elle dispose d’un potentiel économique, technologique et humain. Une prise de conscience collective puissante pourra peser sur les comportements de la gouvernance et des relais économiques.
L’apparition de nouveaux débouchés tels que les agrocarburants et les nécessaires équilibres à trouver en matière de cultures alimentaires constituent les enjeux majeurs auxquels le monde agricole doit faire face. Les signes officiels de qualité font partie de mesures concrètes qui permettent de maximiser la valeur de la production agricole et de protéger la dénomination de ses produits au niveau mondial. Didier TRONC, directeur du Comité du Foin de CRAU, membre de l’I.N.A.O, est venu exposer les changements réglementaires intervenus. Puis, Frédéric GONTIER a mis en lumière les atouts que représentait une appellation telle que l’I.G.P avec l’exemple de l’agneau de SISTERON. Benoît HERTZ a apporté son témoignage en matières de circuits courts. A la tête d’une AMAP, il mène une réflexion sur la plus-value apportée par les produits bénéficiant d’un signe officiel de qualité.
L’atelier de l’après-midi consacré à la biomasse, avec l’intervention de Mariane DOMEIZEL, a mis en lumière les atouts et les limites du compostage. Pour le chercheur, réduire les rejets de CO2 dans l’atmosphère est une exigence majeure. Après avoir fait le point sur les différents types de biomasse, les déchets agricoles et le sort qui leur est réservé était au coeur de la discussion qui s’est engagée avec les agriculteurs. Les déchets de paille de riz se retrouvaient au coeur des débats. Les brûler pour créer de l’énergie ne se révélait pas être une solution satisfaisante d’un point de vue environnemental, l’enfouissement, lors des labours, ainsi que le pratiquait les anciens retrouvait un intérêt. Faire coexister différents modes de traitements pour les co-produits de l’agriculture apparaissait alors comme une des solutions.
Ces journées se sont clôturées sur l’engagement de se rencontrer au cours de l’année pour approfondir les thématiques de ces deux journées.


